À ce qu'il paraît, les États-Unis seraient la plus grande démocratie existant sur terre. C'est du moins ce que Larry Kudlow, le conseiller financier de Trump, tenait à "faire savoir à toutes les autres nations" et ce qu'affirmait en écho un commentateur de la vie politique sur la chaîne télévisée CNN.
Un peu comme Donald Trump qui considère comme "Fake News" tout ce qui ne concorde pas avec sa vision des choses, ces laudateurs de la démocratie américaine créent leur propre réalité et oublient un peu vite qu'il existe a contrario des preuves que la démocratie nord-américaine n'a rien de si grand. Est-il besoin de rappeler que, sous prétexte de libérer les peuples d'un joug communiste ou socialiste, les États-Unis n'ont pas hésité, pour préserver leurs intérêts, à renverser des gouvernements démocratiquement élus, comme celui de Salvador Allende au Chili ?
Mais même a l'intérieur de leurs frontières, les États-Unis sont loin d'être une démocratie exemplaire. C'est par millions en effet que des Américains sont empêchés de voter depuis l'abrogation en 2013 du « Voting Rights Act » qui visait à garantir le droit de vote aux minorités ethniques. Ce "Voting Rights acts" interdisait aux états d'adopter des lois établissant des discrimination raciales ou linguistiques. Suite à son annulation, divers états, et ceux du Sud plus particulièrement, ont imposé un parcours du combattant aux personnes défavorisées, dont les Noirs, pour pouvoir voter : détention d'un permis de conduire, test de lecture, connaissance de la constitution, paiement d'une taxe donnant le droit de vote, etc.
Le faible taux de participation aux élections en Amérique est donc dû en grande partie aux efforts et moyens considérables déployés par des milieux ultra-conservateurs et des hommes d'affaires richissimes pour empêcher des dizaines de millions d'Américains défavorisés de participer aux élections. Est-ce là le signe d'une saine et grande démocratie ?
Comme je l'indiquais en janvier 2020 dans un billet1, toutes nos démocraties sont corrompues à la base puisqu'elles sont étroitement liées à des groupes d'intérêts financiers. Nos politiciens appartiennent bien souvent à une caste privilégiée et ne sont en réalité que des polichinelles dont la finance tire les ficelles.
À mes yeux, la plus grande démocratie sur terre serait plutôt l'Islande, dont la nouvelle constitution a été rédigée par des citoyens lambda réunis en assemblée constituante. C'est aussi le seul pays dont le peuple souverain a refusé par voie de référendum de rembourser la dette contractée par ses banques et qui a même jeté ses banquiers en prison. Il est vrai que l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant une belle leçon de démocratie à un état comme la France, où la réforme constitutionnelle de 2008 est entièrement due à l’Élysée. Elle n'a été adoptée qu’à deux voix près, sans l'aval des citoyens, et après que les députés aient été soumis pendant des semaines à de très fortes pressions de la part du chef de l’État.
Dans le billet déjà cité (voir le lien ci-dessous), je faisais aussi remarquer qu'une saine démocratie ne devrait pas permettre l'élection d'un triste sire comme Donald Trump, ni au demeurant d'aucun millionnaire. C'est bien à cause de la corruption des élites et de leur déconnexion d'avec le peuple que n'importe qui se déclarant anti-système peut de nos jours remporter des élections. La corruption engendrée par un capitalisme sauvage qui gangrène et asservit tout ce qu'il monétise est le principal facteur des troubles et des conflits dans notre monde.
Mais depuis qu'à la Maison blanche, l'immonde D.T sème partout la zizanie et la discorde2, la démocratie américaine est aujourd'hui en grand danger. Trump est un personnage sans foi ni loi qui s'assoie allègrement sur l'état de droit et les voix de millions d'Américains. Hélas, le scénario qui se joue actuellement était plutôt prévisible, puisque twitté et retwitté depuis longtemps par Donald Trump lui-même. N'a-t-il pas émis à plusieurs reprises une réalité alternative qui voudrait qu'il ne peut perdre l'élection présidentielle que s'il y a triche ? Et n'a-t-il pas relayé les propos d'un prédicateur baptiste affirmant que si le président devait quitter son poste "cela pourrait détruire le pays et l'entraîner dans une guerre civile". Or, sachant que la nièce de Trump dit de son oncle que s'il devait couler, il entraînerait tout le monde avec lui, il y a de de quoi être inquiet. Donald Trump ira-t-il jusqu'à plonger l'Amérique dans le chaos pour rester à la Maison blanche ou la démocratie américaine parviendra-t-elle à nous défaire de ce président toxique ? En attendant, je crie de tout mon cœur à l'Amérique : "Make democraty great again"3 !
1. Voir les Ripoublicains d'Amérique
2. Allusion au personnage de Detritus Tullius dans l'album Astérix la Zizanie.
3. "Rendez à la démocratie sa grandeur"
Sur le même sujet : le Temps des clowns, Chantons en choeur, Démocratie indocile
Sources : le Monde, Médiapart, CNN
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